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QVT (Qualité de Vie au Travail) : de quoi parle-t-on ?



« Le travail c’est la santé » est le titre d’une chanson composée et interprétée par le célèbre Henri Salvador. L’adage se révèle être une réalité, pour de nombreuses personnes, puisque nous passons un temps considérable sur notre lieu de production.

Cette question de la qualité de vie au travail est donc centrale et universelle.

Outre-Atlantique, le terme « Qu’alita of work life » est utilisé pour la première fois aux États-Unis par Irving Bluestone, employé de General Motors à la fin des années 60[1]. La firme mettait déjà, à l’époque, en place un programme pour évaluer le niveau de satisfaction des employés afin d’augmenter leur productivité.

En effet, l’engagement dans le travail est source de performance et d’innovation pour l’entreprise. La qualité de cet engagement mais aussi l’ambition qui préside à la recherche de qualité dans le management des structures professionnelles sont donc des enjeux cruciaux !

Croire qu’il est possible de susciter un engagement durable sans ces éléments est une illusion. N’est-ce pas ?

C’est dans cette optique qu’est ici esquissée une présentation de la QVT (qualité de vie au travail) pour bien appréhender son périmètre, sa dynamique et percevoir les bénéfices que vous en tirerez.

Même si les marges de manœuvre peuvent être financièrement limitées, la qualité de vie au travail ouvre de nouvelles voies pour contourner les tensions liées aux contraintes de financement ou gommer les difficultés dans la réorganisation des ressources humaines.

Nous verrons que la QVT n’est pas un « joujou » artificiel pour communiquer ou se donner bonnes consciences. Elle est un outil précis, s’inscrivant dans une démarche globale, facteur de cohésion sociale et levier incontournable de compétitivité.

Allez, allons voir d’un peu plus près ce qui rendra l’entreprise encore plus intelligente.

[1] Dupuis, G., Martel, JP., Voirol, C., Bibeau, L., Hébert-Bonneville, N. (2009) La qualité de vie au travail : Bilan des connaissances. CLIPP, Page 31


QVT : de quoi parle-t-on vraiment ?



Après plusieurs mois de discussion, les partenaires sociaux ont conclu en 2013 un accord national interprofessionnel (ANI) historique intitulé : "Vers une politique d'amélioration de la qualité de vie au travail et de l'égalité professionnelle".

Cet accord pose une définition simple de la qualité de vie au travail :

"La qualité de vie au travail peut se concevoir comme un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement, qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué".

Les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci déterminent la perception de la qualité de vie au travail qui en résulte.

Cette définition s’est enrichi des nombreux travaux de recherche à ce sujet, la quête de sens du travail étant une question qui passionne, aussi bien à l’intérieur qu’en dehors de l’entreprise. Nous ne détaillerons pas ici l’ensemble des études ; nous dirons juste qu’elles émanent d’institutions reconnues mondialement comme l’Université de Harvard, outre-Atlantique, ou, en France, du Mouvement des entreprises de France (M.E.D.E.F), le Comité national olympique et sportif français (C.N.O.S.F), le groupe Malakoff Médéric ou l’Université de Savoie Mont Blanc. Dans une vidéo de l'Université intitulée "Sport, Bien-être et Travail

: et si l'activité physique pouvait doper votre entreprise ?», le rapprochement est explicite entre le monde du sport et celui des entreprises.

Comme nous le verrons après, mais aussi de façon plus détaillé dans d’autres articles spécifiques, ces deux entités partagent beaucoup de valeurs communes, notamment l’esprit fédérateur. Par ailleurs, le sport est un outil exceptionnel pour améliorer la santé des collaborateurs, donc de l’entreprise. Enfin, quoi de mieux, dans un contexte concurrentiel exacerbé, que de pousser nos entreprises à se démarquer par le sport, promoteur d’une image solide et dynamique.



QVT et performance


Les partenaires sociaux actent dans ce texte le lien direct avec la performance économique, en soulignant : "La compétitivité des entreprises passe notamment par leur capacité à investir et à placer leur confiance dans l’intelligence individuelle et collective pour une efficacité et une qualité du travail. Elle dépend aussi de leur aptitude à conjuguer performances individuelles et collectives dans le cadre du dialogue social. La qualité de vie au travail contribue à cette compétitivité".

En langage RH, on dira que l’activité physique, au sens large, est un nouvel outil de management, tant pour la cohésion des équipes que dans la communication interne et l’investissement à un projet fédérateur.

Il est donc essentiel de percevoir que la qualité de vie au travail participe aussi bien au développement des individus qu’à celui des entreprises, de façon indissociable, c’est une conception universaliste qui est aussi la nôtre.



La QVT dans quels buts ?


La Q.V.T recouvre différentes dimensions, à savoir :

  1. Sens du travail

  2. Dialogue social

  3. Santé au travail

  4. Circulation de l’information

  5. Contenu du travail, autonomie

  6. Équilibre entre vie personnelle et professionnelle

  7. Reconnaissance

  8. Conditions de travail

  9. Organisation du travail

  10. Relationnel, ambiance de travail

  11. Égalité entre les hommes et les femmes


On peut ainsi, selon le rapport de 2015 de La Haute Autorité de la Santé (H.A.S) et de l’Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (A.N.A.C.T), viser 3 finalités à travers une démarche Q.V.T :

1. SOUTENIR LA QUALITÉ DE L’ENGAGEMENT

Convaincues que la qualité de vie au travail est une source d'engagement et donc un gage de performance et d'innovation, des plans d'actions QVT en faveur de l'épanouissement des collaborateurs sont encouragés.

2. RENFORCER LA COHÉRENCE DES RÉPONSES AUX ENJEUX SOCIAUX

Il s’agit ici des thèmes suivants : l’attractivité, la pénibilité, le stress et les risques psychosociaux, l’absentéisme, les restructurations...

Ces enjeux sont trop souvent traités en silo et surtout sans lien avec l’organisation du travail, les conditions individuelles et collectives de réalisation de l’activité.

La démarche QVT constitue une opportunité de décloisonnement des thématiques abordées Elle favorise la construction d’un projet fédérateur, permettant d’apporter de la cohérence dans l’action et d’impliquer les parties prenantes et d’équiper le dialogue social.

3. PILOTER AUTREMENT LA PERFORMANCE

Dans des contextes où la qualité du service, l’initiative et l’engagement sont à la source de la compétitivité, la performance doit désormais intégrer des critères liés à la qualité du travail. Elle ne peut plus se limiter à des ratios de productivité et de court-termisme financier, malgré le contexte sanitaire actuel pesant sur les finances de l’entreprise. Il est pertinent d’avoir une vision de la Q.V.T ambitieuse !


La QVT un outil rationnel ou un artifice ?

Cette question est éminemment provocatrice !

En effet, dans une société de plus en plus médiatique qui encense « le bonheur » par le développement personnel, il serait aisé de croire que qualité de vie au travail sera atteinte par des « joujoux » périphériques et artificiels…

Et pourtant, la lettre et l’esprit du texte consacrant la Q.V.T est tout autre. Elle est un véritable levier de développement individuel et économique pour l’entreprise.

Concrètement, un collaborateur épanoui s’investira plus dans ses missions ; il sera plus efficace et son sentiment d’appartenance à l’entreprise commune sera accru ; l’ensemble des bénéfices de la Q.V.T seront, in fine, un atout pour l’entreprise. Cet atout sera un avantage compétitif, avec des ressources humaines en phase avec le projet de l’entreprise et vice-versa ; une entreprise vertueuse qui pourra capitaliser sur son climat social et l’ensemble des mesures qu’elle aura réalisées effectivement à cet effet, sans se contenter de cocher une check-list virtuel. Il est donc nécessaire d'aller au-delà de l’image sociale déformée et obsolète de l’activité physique cantonnée à la sphère personnelle et qui a eu son heure de gloire pendant les trente glorieuses avec la démocratisation et l’émergence du sport populaire, par opposition au « sport bourgeois ». L’enjeu du 21eme siècle place le débat sur la performance de l’entreprise !



QVT / RSE et activités physiques


De nos jours, la R.S.E (Responsabilité sociétale des entreprises) n’est pas un artifice de la communication institutionnelle, elle s’inscrit au cœur des enjeux RH. De nombreuses études démontrent que les jeunes ne veulent travailler que pour des entreprises qui cherchent à délivrer un impact environnemental et social positif ».

La R.S.E regroupe l’ensemble des pratiques - mises en place volontairement - dans le but d’offrir de bonnes conditions de travail, d’avoir un impact positif sur la société et de respecter l’environnement tout en étant économiquement viable.

Pour être attractive, l’entreprise doit s’appuyer sur des initiatives R.S.E. Parmi ses composantes, l’activité physique et sportive qui remplit 7 des critères de la Q.V.T (Etude de l’A.R.A.C.T – Terra Nova, 2016). Au-delà des bénéfices qui en découlent, déjà abordés précédemment, l’entreprise pourra aussi valoriser ces actions auprès de clients et prospects (à travers la communication et le sponsoring).

Le sport en entreprise est donc une chance de réfléchir au sens du mot entreprise, en passant, peut-être, d'une vision rationalisatrice des individus face à une fonction à une vision développant les notions d’équipe, de solidarité, de partage, de vision et de respect.

Conclusion

La QVT est une notion large qui recouvre de nombreux aspects de la vie au travail et qui répond à la quête de sens de l’entreprise. A ce titre, elle est un objectif à poursuivre. Elle offre différents leviers d’action qui peuvent être mis en place simplement dès aujourd’hui. Nous croyons en une approche vertueuse et volontariste ; être dans une logique d’optimisation de l’organisation du travail est une chance inouïe d’accroitre la compétitivité ; c’est aussi l’idéal pour renforcer sa démarche d’attractivité des talents ; ile ne faut pas oublier que 61% des millennials (les personnes nées entre personnes nées entre 1980 et 2000) estiment que la QVT est plus importante que le salaire[1]. Elle est donc incontournable aujourd’hui.

Nous finirons en disant que cela n’est pas un luxe réservé à quelques privilégiés du CAC 40 !

C’est un levier de compétitivité majeur pour des entreprises soucieuses de leur résilience et de leur agilité dans un environnement turbulent qui pousse à être encore plus intelligent.

[1] Adecco, Le feeling « À quoi ressemble l’entreprise rêvée des millenials ? », 2017

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